Fabien Burot

Fabien Burot

« L'accueil est chouette. Beaucoup de conseils. Je ne suis pas perçu comme indésirable. On m'ouvre les portes. »

Il a appris le langage des pierres du Quercy

Originaire de Champagne, ce maçon s'est établi dans le Lot après son tour de France. L'ancien compagnon a été bien accueilli et il connaît déjà tout des pierres d'ici.

Joinville, en Haute-Marne. Puis Orléans, Laval, Strasbourg, Lille, Cagnes-sur-Mer avant de revenir au point de départ de son tour de France, au sud de la Champagne-Ardenne. Mais c'est pourtant ailleurs, dans le Lot, qu'il choisira plus tard d'exercer son savoir-faire, pour ne pas dire son art.

C'est à 15 ans que Fabien Burot décide de devenir maçon. Une vocation. Il voulait travailler de ses mains. Il y avait déjà des charpentiers dans la famille, alors, lui, il s'attaque à la pierre. Le cursus débute par deux ans d'apprentissage à Troyes, au sein des Compagnons du devoir.

Puis c'est le tour de France. La meilleure école, dit-on. « Vrai. On y est confronté au fil des étapes et des régions à des matériaux différents, des techniques nouvelles, des organisations variées. Les séjours durent un an. Mais on engrange » convient Fabien. A 21 ans, de retour chez lui, il devient employé auprès de son premier mentor, à Joinville.

Les hasards de la vie font le reste. Avec bonheur. Le jeune maçon se marie. Quelques années plus tard, avec sa femme fonctionnaire, ils passent des vacances près de Rocamadour. Un coup de foudre.

Fabienne et les pierres du Quercy

 

A son compte

Madame demande et obtient bientôt sa mutation. Fabien la suit. Et quitte à changer de cap, il décide aussi de changer de statut. Arrivé à l'été 2019 dans le Lot, il entreprend les démarches pour se mettre à son compte. « J'ai été parfaitement accompagné et conseillé tout au long du processus par la Chambre des métiers et par la CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment). Par ailleurs, temporairement au chômage, les services de Pôle emploi m'ont aussi aidé quand j'ai passé mon permis poids lourd, indispensable dans ce métier. »

Entre-temps le couple s'installe à Maxou, dans une maison à restaurer. Alors, en attendant le Jour J et de pouvoir travailler chez les autres, Fabien commence par chez lui. Le voilà qui apprivoise la pierre du Quercy. Il en parle comme s'il s'agissait d'êtres vivants. « Certaines ont soif, longtemps cachées sous un enduit et qui enfin retrouvent le soleil. D'autres se montrent rebelles. C'est un plaisir. »

Il rencontre aussi de futurs collègues de divers corps de métier. « L'accueil est chouette. Beaucoup de conseils. Je ne suis pas perçu comme indésirable. On m'ouvre les portes. »

Fabien fêtera bientôt ses 30 ans. Artisan maçon avec déjà le Lot dans la peau, au bout de la truelle.

Fabien Burot sur le chantier de sa maison